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Service :
PÔLE DÉVELOPPEMENT URBAIN
Séance du :
02/02/2009
Thème :
GRANDS EVENEMENTS
Délibération N° :
I - 1
Sous-Thème :
Rapporteur :
M. LE MAIRE, M. HENART
Objet :
Lancement et mise en œuvre de l’évènement autour de la Renaissance. Création d’une mission. Engagement de la démarche.
La décision de créer un événement autour de la Renaissance , à l’horizon 2012, a été prise par délibérations du conseil municipal de Nancy le 5 février 2007 et de la Communauté urbaine du Grand Nancy le 23 mars 2007, toutes deux adoptées à l’unanimité.
Nancy et le Grand Nancy ont la légitimité et l’expérience pour prendre une telle initiative qui a pour but de contribuer, de manière originale et innovante, à la notoriété et à l’attractivité de leurs territoires. Elle s’inscrit dans une démarche cohérente et continue de Nancy et du Grand Nancy qui, avec le concours de l’Etat, de la Région, du Département, d’entreprises partenaires et de nombreuses associations, entendent, à intervalles réguliers, enrichir leur action quotidienne par des événements inédits, fédérateurs d’une identité commune et porteurs d’une véritable dynamique de développement économique et de cohésion sociale.
C’est dans cet esprit qu’a été organisée en 1999 « l’Année de l’Ecole de Nancy », consacrée aux artistes qui, comme Gallé, Daum ou Majorelle, ont alors rendu célèbre le nom de Nancy dans l’Europe entière. A cette occasion, des expositions de très grande qualité ont drainé vers l’agglomération un nombre important de visiteurs, tandis que les partenaires de la manifestation s’interrogeaient parallèlement sur les liens entre tradition et modernité, qui sont une constante de l’identité de la ville et de l’agglomération.
En 2005, de la même façon, à l’occasion du 250ème anniversaire de l’inauguration de la place Stanislas, restaurée et désormais piétonnisée, ce n’est pas seulement un chef
d’œuvre du XVIIIe siècle, classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco, qui s’est retrouvé sous le feu des projecteurs, mais les valeurs défendues par les philosophes et les penseurs du temps des Lumières, valeurs auxquelles Nancy et le Grand Nancy sont très attachées et qui constituent une part essentielle de leur identité : la tolérance, l’altruisme,
l’ouverture aux autres, l’attachement à la diffusion des savoirs comme source
d’épanouissement individuel et de progrès collectif.
Ces manifestations, organisées à intervalles réguliers, permettent donc de mettre en valeur le très riche patrimoine de Nancy et des communes de l’agglomération et la politique volontariste engagée depuis des années pour le protéger, le restaurer et le valoriser. Mais elles n’ont de sens que parce que Nancy et le Grand Nancy se réapproprient leur identité, leur histoire, et ainsi se projettent dans l’avenir, jouant parallèlement leur rôle de métropole intellectuelle et culturelle, espace privilégié de dialogue et de réflexion sur le monde et la société.
La Renaissance à Nancy et en Lorraine
Remontant le temps, il est donc proposé de braquer les projecteurs, dans un peu plus de trois ans, sur la période de la Renaissance.
Le duché de Lorraine et Nancy, sa capitale, vécurent alors en effet une période exceptionnelle dans les domaines politique, économique, artistique et intellectuel. Pays
d’entre deux, la Lorraine a été profondément marquée par la Renaissance. Bien des monuments rappellent la splendeur de cette période. Nancy est sans doute la cité qui en conserve l’empreinte urbaine la plus forte. Dans la Ville Vieille, les ducs modifièrent leur palais. Inspirée du château de Blois, la porterie du Palais ducal est un des premiers témoignages de la Renaissance en Lorraine, même si elle conserve de nombreux souvenirs du gothique flamboyant. La Chapelle ronde, en revanche, commencée en 1607,
s’inspire directement de celle que les Médicis avaient fait élever à Florence. Non loin, la place de la Carrière était utilisée pour les tournois et les carrousels. Dans les rues voisines, des hôtels particuliers furent construits par les grands officiers des duchés, tels François de Chastenoy ou Jean d’Haussonville. Il faut signaler également les constructions et le renforcement de l’enceinte défensive de la ville vieille avec notamment
l’édification de la porte de la citadelle et la construction des bastions Le Duc et Le Marquis intégrant les dernières innovations défensives de la renaissance.
Mais l’événement le plus considérable, qui fit parler de Nancy dans toute l’Europe, fut, sans conteste, la construction de la Ville Neuve, à partir de 1588, sur un plan en damiers attribué à l’architecte italien Jérôme Citoni, et aux ingénieurs Nicolas La Hiere et Nicolas Marchal. Le duc de Lorraine Charles III entendait ainsi offrir des espaces de vie et de travail adaptés aux exigences du temps à toute une population désormais trop à l’étroit dans la Vieille Ville médiévale, faire de Nancy une capitale attractive, accueillante et civilisée mais également développer son activité économique. Charles III répondit à ce double défi avec un remarquable sens de la modernité dont ce quartier si attachant porte aujourd’hui encore témoignage.
Les spécialistes s’accordent à considérer que la Renaissance en Lorraine fut plutôt tardive (elle s’épanouit à partir de la seconde moitié du XVIe siècle jusque dans les années 1630, moment où la région bascule dans la Guerre de Trente ans) et profondément marquée par la situation géographique de la région. Pays d’entre deux, entre la France et l’Empire, mais aussi entre l’Italie et les Pays-Bas, la Lorraine constitua, à cette époque, un creuset original marqué par la multiplicité des emprunts. Parallèlement, les ducs n’eurent de cesse
d’affirmer l’existence de l’Etat lorrain et s’entourèrent d’artistes et d’intellectuels qui portèrent loin le renom du duché et de ses souverains : Ligier Richier au début de la période, Jacques Callot, Georges de la Tour au siècle suivant, nés en terre lorraine, très attachés à cette dernière, firent leurs premières armes à la Cour ducale avant que leur art ne rayonne sur
l’Europe entière. Il en fut de même de nombre de musiciens.
Les enjeux
Les manifestations qu’il est envisagé d’organiser en 2012, qui s’efforceront de conjuguer qualité du contenu et audience populaire, auront donc pour ambition de mieux faire connaître cette passionnante époque, de la révéler au grand public. Mais il s’agira également, comme en 1999, comme en 2005, dans un esprit de continuité intellectuelle entre une mémoire, un passé, une histoire et une vision de la ville, de la société et du monde d’aujourd’hui, de s’interroger sur les grands défis du monde contemporain et sur notre aptitude à les relever.
Cet effet miroir est indispensable pour donner du sens à ces manifestations. Un tel événement doit, en effet, non seulement nous permettre de valoriser notre passé et notre patrimoine afin d’attirer de nombreux visiteurs à Nancy, mais aussi de réfléchir collectivement aux réalités d'aujourd'hui : la crise économique et financière, la mondialisation, le développement durable et la protection de la biodiversité, pour
n’en citer que quelques-unes.
L’initiative ambitieuse prise concomitamment par la Ville de Nancy, la Communauté urbaine du Grand Nancy en lien étroit avec les communes de l’agglomération, avec le soutien attendu de l’Etat, du Département et de la Région, et une participation active du monde économique, des associations et de la population toute entière, répond à plusieurs enjeux.
> Entretenir, restaurer et valoriser notre riche patrimoine
La Ville de Nancy et la Communauté urbaine, chacune dans leurs domaines de compétences respectifs, mènent depuis de longues années une politique volontariste en matière de protection, de restauration et de valorisation du patrimoine bâti, tout en
s’efforçant parallèlement, et dans le même esprit, d’enrichir les collections de leurs musées.
Pour être moins connu et réputé que le patrimoine du XVIIIe siècle ou de l’Art nouveau, le patrimoine Renaissance de Nancy (on songe notamment au Palais ducal, aux portes Saint-Nicolas et Saint-Georges, à certains hôtels particuliers), de certaines communes de
l’agglomération (au premier rang desquelles Fléville et son château) et, plus généralement, de la Lorraine toute entière, très riche en édifices datant de cette époque, mérite d’être puissamment valorisé, afin de permettre sa découverte par un large public.
L’événement « Renaissance 2012 » sera également l’occasion de :
- permettre la découverte du vaste chantier de rénovation du Musée Lorrain, «le musée de tous les Lorrains» ; mené sur une quinzaine d’années, ce chantier donnera naissance à l’un des musées d’histoire parmi les plus riches de France ;
- sensibiliser les habitants à l’ambitieuse opération de révision du plan de sauvegarde et de mise en valeur du coeur historique de l'agglomération, qui, s’appuyant sur une connaissance fine du bâti légué par les siècles précédents, doit permettre de poursuivre un développement urbain cohérent et harmonieux.
> Renforcer l’attractivité de la ville et de l’agglomération ; développer l’impact économique du tourisme urbain
Le patrimoine que nous a légué le passé constitue un capital précieux, car l’intérêt qu’il suscite va sans cesse grandissant et il permet de renforcer, de manière significative,
l’attractivité de notre territoire, dans sa richesse et sa diversité.
«Renaissance 2012» doit permettre non seulement d’accroître la notoriété et la fréquentation des hauts lieux de Nancy et du Grand Nancy, mais de développer, sur le territoire de l’agglomération, des produits touristiques nouveaux, répondant aux attentes des visiteurs (lieux insolites et méconnus ; tourisme de nature, découverte de la biodiversité, etc…).
Ce sera aussi l’occasion :
- de développer la formation des professionnels dans ce domaine,
- de sensibiliser Nancéiens et Grands Nancéiens à la réalité économique que représente le tourisme,
- de travailler à l’image et au rayonnement de Nancy et du Grand Nancy.
> Positionner Nancy et le Grand Nancy comme espaces d’innovation dans le domaine de la recherche et de la transmission des savoirs et comme « métropole pensante »
La Renaissance a été un moment fort dans le domaine intellectuel, artistique et culturel pour la Lorraine.
C’est en 1572 qu’est créée à Pont-à-Mousson la première université lorraine qui va rapidement jouir d’une forte réputation, notamment dans le domaine juridique et médical. Plus de quatre siècles après, l’enseignement supérieur continue à jouer un rôle essentiel à Nancy et en Lorraine. Désormais labellisé « Campus », le pôle d’enseignement supérieur lorrain devrait déboucher, précisément à l’horizon 2012, sur la naissance
d’une université lorraine unique, commune à Nancy et à Metz. Parallèlement, le projet Artem, l’un des plus importants chantiers français dans le domaine universitaire, aura significativement progressé.
Par ailleurs, le nombre élevé de chercheurs, d’enseignants, d’intellectuels, qui exercent à Nancy et/ou y demeurent doit permettre de consolider la place éminente qu’occupent la ville et l’agglomération dans le débat d’idées. Colloques, conventions, congrès permettront, tout au long de l’année, de réfléchir collectivement à nombre de problématiques contemporaines: les nouveaux modes de gouvernance à l’heure de la mondialisation, la transmission des savoirs et l’éducation, la circulation des hommes et des idées dans l’espace européen, les grandes découvertes et le progrès scientifique, la préservation de la nature, de la biodiversité et le développement durable, les valeurs citoyennes, entre autres, sont autant de sujets qui peuvent être utilement abordés à cette occasion.
> Utiliser l’économie de la connaissance comme vecteur de développement
En mars 2000, au sommet de Lisbonne, l’Union européenne s’est donné comme objectif stratégique de « devenir l’économie de la connaissance la plus active et la plus dynamique, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale. »
De la déclaration de Lisbonne aux schémas régionaux ou locaux de développement économique adoptés depuis, la référence à « l’économie de la connaissance » est désormais omniprésente.
En effet, dans un contexte où l’information est devenue surabondante, le facteur rare (qui permet donc de l’emporter dans un monde devenu très compétitif), c’est la connaissance, c'est-à-dire la capacité à interpréter et à traiter l’information.
L’éducation, la recherche, l’innovation, les services, la culture, les industries créatives, internet, sont autant de secteurs devenus donc très rapidement stratégiques.
En un certain sens, la Renaissance avait bâti, elle aussi, son succès sur une forme
d’économie de la connaissance. Quatre siècles et demi plus tard, à une époque où le capital dit intangible joue un rôle sans cesse croissant, ou l’explosion des connexions immédiates permises par internet induit des changements de comportement profonds, Nancy et le Grand Nancy ont toute légitimité pour prendre en compte, de manière significative, cette transformation progressive de l’économie et de la société, organisée autour de la production, de la circulation et de l’échange des savoirs. Ils en ont aussi le devoir car c’est sur cette économie de la connaissance que reposent les perspectives de développement les plus prometteuses pour la ville et l’agglomération.
> Inscrire Nancy et le Grand Nancy dans une dynamique puissante de réseaux
A tous égards, l’on s’aperçoit bien aujourd’hui que ni la ville ni l’agglomération ne peuvent agir efficacement seules.
Il convient donc, à l’occasion de cet événement, de renforcer puissamment les réseaux existants : Sillon lorrain, Département, Région, Grand Est, Grande Région et d’en imaginer de nouveaux, notamment à l’échelle européenne.
Le recours accru aux nouvelles technologies de communication, tant dans le domaine professionnel qu’à titre individuel, doit permettre également une ouverture au monde, source d’accomplissement individuel et de rayonnement collectif pour nos concitoyens.
Création d’une Mission
Le projet sera conduit par une Mission, opérationnelle dès le début de l’année 2009, dont le rôle sera de susciter et de coordonner l’ensemble des initiatives, des énergies et des savoir-faire indispensables pour le mener à bien.
Le Directeur de cette Mission sera assisté de collaborateurs experts, dont les modalités de mise à disposition ou de recrutement seront déterminées dans le cadre d’une convention à intervenir entre la Communauté urbaine du Grand Nancy et la Ville de Nancy.
Il sera chargé de :
- susciter et coordonner l’ensemble des initiatives, des énergies et des savoir-faire,
- proposer un positionnement des différentes institutions culturelles de la Ville de Nancy et de la Communauté urbaine du Grand Nancy et de leurs partenaires dans leurs domaines respectifs,
-
veiller à coordonner avec
les services les programmes d'expositions, de concerts ou de spectacles
,
- plus largement, coordonner et participer à l’élaboration d’un projet d’ensemble et d’actions culturelles innovantes sur la ville de Nancy et les communes de l’agglomération,
- établir et planifier les différentes étapes de réalisation du projet et piloter le suivi administratif.
Comité scientifique
La Mission travaillera en relation étroite avec un comité scientifique qui, outre les représentants de l’Etat, des collectivités et institutions partenaires, fera appel aux compétences des historiens, historiens de l’art et de l’architecture, chercheurs, nancéiens et lorrains, français et étrangers, spécialistes de la période, qui s’attacheront à mettre en lumière toutes les composantes du temps, politiques, économiques, sociales, religieuses, intellectuelles, artistiques et auront à cœur de dégager la profonde originalité de ce territoire qui, de tout temps, fit preuve d’une extraordinaire capacité de création. Garant de la cohérence et de la pertinence du programme d’ensemble, ce comité scientifique
s’attachera également à susciter des actions significatives dans le domaine de l’économie de la connaissance.
Il vous est demandé
:
- d’acter la coproduction, à l’horizon 2012, par la Ville de Nancy et la Communauté urbaine du Grand Nancy, en partenariat étroit avec les communes de l’agglomération, d’un événement autour de la Renaissance
- d’autoriser les démarches à entreprendre auprès des partenaires publics susceptibles
d’être sollicités (Etat, Région, Départements)
- d’acter la constitution d’une Mission dédiée, dont les moyens seront définis dans le cadre
d’une convention à intervenir entre la Communauté urbaine du Grand Nancy et la Ville de Nancy et d’autoriser le Maire à la signer
- d’autoriser la constitution d’un comité scientifique, garant de la qualité et de la cohérence des thématiques et du programme.
Crédits
:
Documents destinés à être annexés à la délibération :
Résultat vote :
Adopté à l'unanimité des suffrages exprimés
Détail vote :